Pensée pour une résidence privée aux plafonds de plus de vingt pieds, Fragmentation prend place sur un vaste mur baigné de lumière naturelle, jouxtant un foyer monumental noir. Le lieu imposait une tension forte entre ombre et clarté, masse et vide, tandis que le client, sans idée précise, cherchait une œuvre capable de dialoguer avec l’architecture sans l’alourdir.
L’enjeu était clair : créer une présence qui respecte la pureté du lieu, tout en évitant toute redondance formelle avec le foyer sombre et l’esthétique épurée de la maison.
LA VISION Fragmentation explore la complexité de l’identité humaine.
Une figure se révèle, puis se dissout. Un visage apparaît de face, puis disparaît dès que l’on change de point de vue.
Chaque fragment représente une part de l’être : souvenir, émotion, expérience. Les vides, eux, évoquent les silences et les non-dits qui nous construisent autant que ce que l’on montre. L’œuvre invite à recomposer, mentalement, ce qui ne peut jamais être totalement réuni.
Par le jeu de la perspective, l’installation oscille entre figuration et abstraction. Elle devient un dialogue constant entre l’espace, l’œuvre et celui qui la traverse.
LE SAVOIR-FAIRE L’œuvre est composée de multiples fragments de bois et de MDF, découpés et assemblés à la main, puis peints dans un noir profond et uniforme.
Chaque élément est installé à une profondeur différente du mur, créant une topographie subtile, faite de reliefs et de respirations. Ce décollement volontaire du support donne à l’ensemble une vibration particulière, comme si l’œuvre flottait légèrement, à l’image de l’équilibre fragile de l’identité qu’elle évoque.

