« Comment donner une âme à un espace que le silence habite ? Plutôt que d'encombrer le vide, nous avons choisi de sculpter l’air. L'œuvre fige l'instant précis où l’émotion du pianiste quitte l'instrument, créant une bulle immersive où la musique, les ombres et les reflets s'écrivent ensemble. »

Créée pour une résidence privée, Melody in Motion prend place sur une mezzanine où un piano à queue noir laqué occupait l’espace sans véritable mise en scène. La pièce, volontairement minimaliste et presque vide, demandait une intervention capable de révéler l’âme du lieu sans le saturer.

Le client n’est pas musicien de formation, mais il adore jouer du piano. Le mandat consistait donc à transformer ce coin en expérience, en donnant au piano une présence narrative et émotionnelle, comme si l’espace avait été pensé pour la musique depuis toujours.

LA VISION Melody in Motion est une ode à la liberté de créer.
Inspirée par l’univers du piano et par l’idée d’une musique qui s’élève, l’œuvre suspend dans l’air 88 notes, un écho direct aux 88 touches de l’instrument, comme si une mélodie venait de se détacher du piano pour flotter au-dessus de celui-ci.

Le récit commence au mur : une partition naît, structurée, lisible, ancrée. Puis, à mesure qu’elle se détache, la composition se libère et s’envole dans l’espace. Des papillons d’aquarelle, éclats de couleur et de légèreté, accompagnent cette transition : la rigueur de l’écriture devient mouvement, la partition devient respiration.

Les reflets des notes et des papillons sur la surface noire du piano ajoutent une seconde lecture, plus intime, presque cinématographique. La lumière devient alors un partenaire à part entière : elle dessine des ombres, amplifie le rythme, et fait danser la musique sur l’architecture.

LE SAVOIR-FAIRE Chaque note de musique a été dessinée à la main, puis découpée une à une à la scie à chantourner. Les pièces ont ensuite été huilées en noir afin de conserver le grain naturel du bois, pour une profondeur matte et organique plutôt qu’un noir artificiel.

Les papillons ont été réalisés à l’aquarelle, chacun unique, avec des teintes vives choisies pour insuffler un contraste poétique au langage graphique des notes. Eux aussi ont été découpés à la main pour préserver une finesse artisanale et un effet de légèreté.

L’installation est pensée comme une sculpture immersive : elle se lit depuis plusieurs angles, en plongée depuis la mezzanine, en perspective depuis le sol, et surtout depuis le banc du piano, où l’on ressent physiquement la sensation d’être entouré par la musique en train de naître.